Si j'écrivais


Il est parfois des choses si simples…
Tellement simples et banales que l'on finit par ne plus y prêter attention…
Le premier pas que l'on fait le matin…
La première chose que l'on voit lorsqu'on ouvre les yeux en se réveillant…
Il est des choses si simples à dire aussi.
Bonsoir, en croisant ses voisins…
Bonne nuit, en allant se coucher…

Mais tout, n'est pas aussi simple, hélas…
Il est des parfois des actes bien plus durs à accomplir, des choses bien plus difficiles à dire…

Je ne sais pas si je suis courageux.
Je ne crois pas non plus être un lâche…

Il est simplement des choses qui ne me sont pas familières.
Ce sont des choses que je n'ai jamais faites, des mots que je n'ai jamais dits.

J'aurai voulu donner ses actes, j'aurai tout donné pour dire ces mots, simplement…jamais personne n'était là pour les recevoir…
La faute me revient probablement: je n'ai sans doute pas su faire, pas su dire les bonnes choses pour que l'on me voie…Oh!! Pas que j'ai grand chose à mettre en valeur….
J'espérai simplement, même sans trop y croire, que quelqu'un finirait par me remarquer, moi.

Il trouverait sans doute cela idiot…
Mais je sais bien ce que je vaux.
Je ne suis qu'un lycéen de 18 ans, rien de plus.
Je ne suis que Kogure Kiminobu, rien de bien palpitant donc…
Et pourtant, même en sachant cela, je ne pouvais faire autrement que d'imaginer qu'un jour, quelqu'un voudrait bien de ce "pas grand chose" que je représente…

Je ne sais toujours pas comment cela est arrivé.
Une sorte de déclic, un petit rien qui a tout changé…

Il a changé les choses simples…
Le premier pas du matin je le fais pour lui, en espérant que chaque pas que je fais nous rapproche un peu plus ….
La première chose que je vois en ouvrant les yeux, parce que si tous les jours cela pouvait être lui, je n'aurais besoin de rien d'autre…
Il a changé les choses simples à dire aussi.
Bonsoir en croisant mes voisins, parce que je lui souhaite le même sourire que j'ai reçu en échange.
Bonne nuit en allant me coucher, parce qu'en me glissant dans mon lit je lui souhaite les plus doux rêves qui soient…

Mais les actes durs à accomplir et les choses si dures à dire…tout cela n'a fait qu'empirer…

Je ne sais pas si j'étais courageux.
Maintenant je suis un lâche.

J'ai peur, toujours.
J'ai peur que ma présence le gène, que mes mots ne le fassent partir au loin…
Alors je reste là.
J'attends.
Je ne sais pas quoi exactement.
Mais j'attends.

J'essaye de me faire à l'idée que ces caresses et ces mots qu'il me donne sont réellement pour moi.
Qu'ils ne sont pas juste un artifice pour se moquer de ma naïveté, pour avoir cru l'espace d'un instant que l'on puisse m'aimer, moi qui ne suis rien.

Je ne peux m'empêcher de souffrir pour lui cependant.
Tous ces gestes et ces mots que j'ai si peur de rendre, de donner…comment les lui offrir quand même?

Je pourrais les lui conter, mais à quoi bon?
Je ne saurais lui dire tout ce que j'ai tant de mal à partager…
Je pourrais les lui acheter, mais à quoi bon?
Rien jamais ne sera assez précieux pour lui montrer combien je tiens à lui…
Et je pourrais aussi bien les lui donner, les lui dire, toutes ces choses, mais à quoi bon?
Je suis si maladroit, si timide et si stupide parfois, jamais je n'y parviendrai…

Comme je ne peux ni les conter, ni les acheter, ni les donner ou les dire toutes ces choses….
Je pourrai peut être les lui écrire….
Te les écrire….

Je pourrais tout d'abord t'écrire à quel point j'aime tes yeux.
A quel point ils illuminent ton visage, même s'ils ne sont ni bleus, ni verts. A quel point ils brillent quand tu parles de ce que tu aimes, à quel point la vie les illumine quand tu souris, que tu es heureux…
J'aime aussi quand ils se posent sur moi, et quand la lueur qui s'y trouve me donne des envies inavouables, que j'ai l'impression de n'être qu'à toi et qu'à toi seul…
J'aime quand ton regard se fait si perçant que tu sembles lire à travers moi…

J'écrirais ensuite combien j'aime tes mains.
Comment tout ce qu'elles touchent devient précieux, comment tout ce qu'elles approchent devient doux et docile…J'écrirais comment de dures, froides, destructrices même, elles sont tout à coup si tendres et rassurantes, si apaisantes…
J'écrirais aussi toutes les si douces tortures qu'elles me font subir quand tu me fais l'amour, tous ces plaisirs si purs que j'ai l'impression de ne vivre que par toi…

J'écrirais aussi combien j'aime ta bouche.
J'écrirai pourquoi j'aime embrasser tes lèvres si douces, pourquoi je pourrais passer ma vie entière à simplement les goûter, les caresser, les chérir. Je te confierais de grands secrets et te dirais pourquoi j'aime tant quand elles se posent dans mon cou, ou qu'elles courent sur mes épaules…
Je te dirais les doux frissons qui me parcourent quand elles murmurent à mon oreille, et que de cette voix si douce tu me dis des choses que jamais je n'aurais cru entendre…

Car j'écrirais à quel point j'aime ta voix.
Si douce et rassurante elle aussi quand tu me fais milles promesses que je n'ose croire, parce qu'un tel bonheur ne m'est pas permis, pas à moi, pas avec…tous ces autres qui sont bien mieux que moi…

Mais tout cela n'est rien…Tout cela n'est rien parce que ce ne serait pas si dur à écrire: pour trouver les mots, il me suffirait de penser à toi…

Pourtant…il est tant d'autres choses que je voudrais t'écrire…

Je t'écrirais combien j'aime ta peau.
Je t'écrirais les milles manières que j'imagine sans cesse pour la caresser, la goûter, toujours un peu plus…Je te dirais combien j'aime la sentir sous mes mains, si chaude, si soyeuse, je te dirais comment son goût me retient prisonnier, combien son parfum m'enivre…

Je te conterais aussi toutes les heures que je pourrais passer à simplement te regarder, sans jamais arriver à me lasser de ton image…
Je te confierais pourquoi parfois je souris, quand je te vois t'agiter pour ce qui te semble important, ce qui te tient à cœur…

Je t'écrirais des pages entières pour te dire combien j'aime être dans tes bras, pourquoi je voudrais y rester toujours, loin de tout ce qui me veut du mal…
Je te dirais combien il est doux de rêver en entendant battre ton cœur, dans la forteresse de ton étreinte, combien il est tendre de baigner dans tout ce qui est toi…

Et si j'étais courageux…si j'étais fort comme toi Hisashi, je n'aurais pas à t'écrire la solitude qui est la mienne quand je me réveille seul alors que tu étais là, ni les larmes que je ne peux retenir quand j'imagine mes jours et mes nuits sans toi…

Et si je n'avais pas peur de….de je ne sais quoi, si je savais tout ce que tu sais, je t'écrirais toutes ces choses que je pourrais faire, que je voudrais faire, toutes ces façons de te faire l'amour, tous ces jeux pour ton plaisir, pour t'entendre crier mon nom…
Je t'écrirais cette douce agonie que j'offrirais à tes sens si je pouvais te faire mien comme je le voudrais, si je n'étais pas si lâche…

Je t'écrirais aussi toutes ces forces que tu crois faiblesses, et ces rares faiblesses que je voudrais cacher en te protégeant dans mes bras…

Je te montrerais pourquoi tu es mon sauveur autant que mon bourreau, comment tu peux m'apaiser autant que me déchirer sans même le savoir…Je te dirais pourquoi je ne dis jamais rien, pourquoi je ne proteste jamais les quelques fois où tu me fais souffrir…

Je te dirais pourquoi j'ai si peur que tu me laisses, pourquoi j'ai si peur que tu te lasses de ma présence, pourquoi je ne peux m'empêcher d'imaginer le jour où tu me diras que tout est terminé…
Je t'écrirais le vide qu'était mon existence sans toi, et le vide qu'elle sera à nouveau quand tu t'en iras…

Mais à quoi bon t'écrire tout cela Hisashi, à quoi bon t'écrire toutes ces choses qui ne resteront à jamais que des mots sur du papier???….
A quoi bon gaspiller tout ce temps à t'écrire tout ce que je voudrais te dire, sans jamais en avoir le courage???…
Pourquoi te faire du mal en te faisant espérer des choses que je ne pourrais sans doute jamais te donner??…

Jamais mon amour….jamais je n'oserai ainsi te faire du mal…parce que te voir malheureux est pour moi la pire des tortures, parce que lorsqu'on te fait du mal j'aimerais te protéger, j'aimerais souffrir à ta place….parce que si un jour je te fais du mal, par pitié Hisashi, par pitié, ne souffre pas en silence…
Je ferais tout ce que je peux pour que jamais cela n'arrive crois moi mais…à mon plus grand regret lorsqu'il s'agit de toi…je ne suis qu'un être humain Hisashi…

Et c'est pour cette raison que jamais je ne t'écrirais, parce que t'écrire tout ceci serait te révéler les quelques une de mes faiblesses que tu ne connais pas encore, t'écrire serait me mettre à nu, et une fois de plus, je n'en ai pas le courage…

Je voulais pourtant te donner quelque chose avec ces quelques mots…
Je voulais pour une fois faire preuve de courage…

….Je voulais juste essayer de te dire à quel point je t'aime mon amour, tout simplement…

~* Fin *~



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