Patience
canicule sur Tokyo


La nuit d'été, lourde, moite, pesait sur Tokyo et ses alentours.
Respirer était presque un effort surhumain tant la chaleur semblait enserrer les corps, les tenir dans son étreinte étouffante. Même la lune et ses suivantes avaient déserté le ciel ce soir là, rejoignant sans doute la fraîcheur suivant d'habitude le soleil, trop fatiguée elle aussi pour s'étendre sur le monde....
Bercé par le ronron hypnotique du climatiseur, le télépathe roux n'arrivait qu'à somnoler.
Vêtu d'un simple boxer - porter plus de tissu sans étouffer dans la seconde relevait du miracle - il oscillait entre le sommeil et la veille, presque trop épuisé pour dormir.
Sous son crâne, quelques voix diffuses murmuraient des mots sans suite, sans aucun sens.
Un léger effort lui aurait suffit pour les chasser, ou bien même les entendre clairement, mais même cela lui semblait trop encore...
La canicule qui s'était abattue sur la capitale japonaise depuis presque deux semaines à présent menaçait de décimer la population. Irrespirable le jour, l'air ne l'était pas plus la nuit, en tous cas pas les quatre précédentes, si bien que même les chatons apprentis jardiniers avaient décidés de fermer temporairement boutique. Leurs marchandises ne résistaient pas plus de quelques heures, et eux même avaient bien du mal à mener leurs activités, qu'elles soient diurnes ou nocturnes.
Face au manque d'adversaires flagrant, et à la plus grande joie de Nagi et Schuldich, le leader de Schwarz avait donc décidé qu'il était bon pour eux aussi de fermer boutique, au moins temporairement.
Aussi, Schu gisait-il au trois quart nu sur son grand lit, étendu sur le coté, dos à la porte, attendant simplement que le temps et la chaleur passent...

Un bruit de pas dans le couloir.
Une lourde porte qui tourne sur ses gons, ses verrous aisément forcés, trop aisément pour le bien de certains peut être...
Une ombre dans l'escalier, une ombre qui quelques fois en a surpris d'autres, celles de voleurs malchanceux, au destin funeste....
Un pas encore, et une autre porte qui s'ouvre, celle d'une chambre cette fois, non d'une cellule, l'ombre qui glisse et la porte qui se referme....

Schuldich réagit à peine en sentant le poids nouveau sur son lit, et ses muscles se tendirent à peine quand un bras glissa mollement autour de sa taille.
Il n'avait pas toujours réagit de la sorte.
La première fois que Farfarello s'était ainsi glissé dans son monde, il avait bondit de son lit, tout prêt à griller la cervelle de l'imprudent qui osait se présenter dans son antre...
Plus maintenant.
Doué d'une patience que peu lui soupçonnait, celui que tous prenaient pour un fou irrécupérable avait fait preuve d'une patience presque angélique, aussi idiote la chose puisse paraître et sans relâche, soir après soir il était revenu...
A présent, le télépathe, le renard, comme l'appelait parfois Nagi, se laissait approcher sans peine.
Certes, il ne s'agissait que de partager son lit, et de loin, mais tout de même....
Lui qui ne laissait jamais venir personne près de lui, simplement pour garder la paix relative de son esprit, acceptait la présence calme et apaisante de Farfarello.
Avec lui venait le silence, toujours.

"- Brad ne va pas apprécier...
"- Tant pis.

Oui après tout.....
Puisqu'il était bien dans les bras du jeune homme aux yeux d'ambre...
Tant pis.

~* Fin *~



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